L'offre restreinte de films incite au téléchargement

Écrit par © Filactu le . Rubrique: Chiffres et indicateurs

Selon une nouvelle étude de la Commission européenne sur le comportement des publics du cinéma, près de 70 % des Européens téléchargent des films ou les regardent en streaming, gratuitement, que ce soit légalement ou illégalement.

68 % des personnes interrogées téléchargent des films gratuitement et 55 % d'entre elles regardent gratuitement des films en streaming sur leur ordinateur ou appareil portable. 40 % des détenteurs de smartphones et plus de 60 % des propriétaires de tablettes regardent des films sur leurs appareils.

Les personnes qui téléchargent des films gratuitement sont généralement de jeunes urbains, instruits, férus de cinéma, intéressés par la diversité de l'offre mais frustrés par le coût et la pauvreté de l'offre légale.

L’étude conclut que cela n’est pas surprenant dans la mesure où le public est souvent très intéressé par les films en général mais, la plupart du temps, ne dispose pas d'un cinéma à proximité et se voit proposer un choix de films assez limité. Selon cette étude, l’industrie cinématographique européenne pourrait augmenter ses recettes en exploitant différents types de plateformes en ligne rentables de façon à élargir l'éventail des films proposés et à toucher de nouveaux publics.

Cinq profils types de spectateurs
L'étude répertorie cinq profils types de spectateurs: les «cinévores hyper-connectés», les «ciné-sélectifs pressés et indépendants», les «fans de blockbusters», les «butineurs de hits» et les «ciné-indifférents». Les amateurs de films européens se retrouvent principalement dans les deux premiers groupes.

  1. Les « cinévores hyper-connectés » (24 % du public européen) sont généralement nés à l'ère du numérique, et ce groupe comprend plus d'hommes et de jeunes adultes que les autres. Ils vivent principalement dans les zones urbaines, sont très actifs en matière de médias et de culture et disposent de beaucoup d'appareils multimédias.
  2. Les « ciné-sélectifs pressés et indépendants » (22 % du public européen) sont généralement des travailleurs adultes avec peu ou pas d’enfants, des femmes âgées de 26 à 50 ans disposant de revenus moyens, plutôt instruits et travaillant dans le secteur universitaire ou dans l’enseignement.
  3. Les « fans de blockbusters » (16 % du public européen) regardent principalement les superproductions américaines. Leur profil sociodémographique et leur équipement média se situent dans la zone médiane. Ils vivent dans des zones moins urbaines et ont un accès plus limité aux salles de cinéma.
  4. Les « butineurs de hits » (21 % du public européen) regardent moins de films, et s'intéressent moins aux médias et à la culture en général. Il s'agit généralement de personnes de sexe féminin, plus jeunes, semi-urbaines ou vivant en milieu rural, qui vont à l’école ou sont encore aux études. Bien qu'elles regardent moins de films, elles témoignent d'un intérêt relativement élevé pour les films européens.
  5. Les « ciné-indifférents » (16 % du public européen) sont, de loin, ceux qui regardent le moins de films; d’une manière générale, ils se tiennent à l'écart de la plupart des activités culturelles autres que la télévision et les jeux vidéo. Il s'agit en général d'hommes jeunes ou plus âgés, moins instruits, plus pauvres, vivant dans des zones rurales et semi-urbaines et possédant le moins d'appareils et de services médias. Ils s'intéressent peu au cinéma, en dehors des films d'action et des comédies, et ils regardent surtout des superproductions américaines.


Télécharger la synthèse de l’étude « A profile of current and future audiovisual audience » en français.