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« PopimsCode prépare son lancement et choisit ses premiers partenaires »

Écrit par © Filactu le . Rubrique: Technologies

Interview de Franck GUIGAN, Président de PopimsCode SAS

Contrefaçon Riposte : un an après la présentation de votre innovation dans nos colonnes (lire article du 8 juin 2011), où en êtes-vous ?

CR80 franck guiganFranck Guigan : Nous avons surtout mis à profit cette année pour faire du développement technologique et renforcer notre propriété industrielle à l’international. Nous avons perfectionné la technologie et déposé une douzaine de demandes de brevets qui se sont toutes révélées nouvelles dans les recherches d’antériorité… Cela nous a permis de déposer une demande de brevet PCT (le brevet international), en mars dernier. Cette étape est longue et contraignante mais elle est indispensable pour bénéficier d’un monopole d’exploitation dans de nombreux pays.

En parallèle, nous avons multiplié les échanges avec de grandes entreprises de différents secteurs, les plus grandes multinationales de l’Internet et les pouvoirs publics, pour affiner notre vision du marché. J’avoue que celle-ci a sensiblement évoluée. Nous avons aussi consulté plusieurs fournisseurs de solutions anti-contrefaçon pour voir s’ils étaient intéressés par des licences.

Actuellement, nous avons reçu des propositions de différents groupes, mais pas encore fait notre choix. Nous recherchions un partenaire industriel français, qui ait suffisamment d’envergure et d'ambition pour exploiter avec nous l’extraordinaire potentiel commercial des applications des PopimsCode, dans tous les domaines simultanément, mais il est probable que les principales applications - paiement, sécurité Internet, lutte contre la fraude documentaire et la contrefaçon, jeux, sites sociaux - seront développées au sein de partenariats différents.

Je souhaite rendre hommage à Roland Moréno, l’inventeur de la carte à puce, en 1974, qui vient de nous quitter, le 29 avril 2012. Je l'avais rencontré la première fois en 1979 lorsque j'étais chargé de mission à l'IDI (l'ancêtre du Fonds Stratégique d'Investissement). À l’époque, c'était fantastique de pouvoir stocker des informations sur une puce. L'arrivée d'Internet a posé la question différemment, puisque toutes les informations sont maintenant disponibles sur le réseau. La fonction de la puce aujourd'hui est simplement de donner à la personne autorisée l'accès aux informations sensibles et aux transactions. La puce s'est révélée peu sécure sur ce point. Dans ce sens, PopimsCode est un peu un successeur de la carte à puce, et j'aimerais que cette technologie ait un impact aussi important sur la démocratisation des applications de traçabilité et d’authentification des objets et des documents.

CR : Justement, quelle est votre vision du marché de la lutte anti-contrefaçon et de la traçabilité sécurisée en général ?

Franck Guigan : Nous avons la conviction que le PopimsCode, en tant que solution d’authentification inviolable, hyper-économique (moins de 1 centime € par marquage, et beaucoup moins en très grandes séries) et lisible à l’aide d’un simple smartphone, va remplacer la plupart des solutions de sécurité existantes, qu’elles soient trop coûteuses ou trop faciles à recopier (comme le skimming des puces électroniques par exemple).

Dans le domaine de la protection des marques et de la lutte contre la contrefaçon, nous avons compris que ça n'intéressait finalement pas tellement les marques... Eh oui, j’ai même compris que les fabricants de médicaments n’investiront pas dans le dépistage des faux en Afrique, tant qu’ils n’auront pas la certitude que la lutte anti-contrefaçon leur permettrait d’y vendre plus de boîtes du produit original. C'est pour ça que le marché n'a en fait jamais démarré. Les marques disent toutes qu'elles se soucient du problème mais en réalité beaucoup d'entre elles font surtout de la communication pour rassurer leurs clients et assurer leur promotion.

En revanche, nous avons commencé à leur faire lever un sourcil en expliquant que le PopimsCode, qui ne coûte presque rien, permet en plus d'organiser une sérialisation très sérieuse pour combattre les marchés gris et la contrebande. Car toutes les marques se posent la même question : Que fait mon sous-traitant chinois de mes outillages lorsqu'il a fini de fabriquer mes produits ? Que fait mon distributeur des produits que je lui vends ? Sont-ils loyaux ?

Les marques s’intéressent aussi à la constitution de panels de consommateurs (chaque application PopimsCode a une ID unique que l’on peut tracer, sans pour autant connaître l'identité du smartphone utilisé ou de son propriétaire). Pour inciter les consommateurs à flasher nos codes, nous expliquerons que l’on peut gagner des lots, des coupons de réduction, des invitations ou des voyages… En outre, la sécurité des codes permet de proposer des lots motivants de valeur. Les enfants devraient donc se précipiter pour scanner tous les produits, avec l'iPhone de Papa ou de Maman, avant de les ranger dans la cuisine.

Parallèlement, PopimsCode apporte enfin aux marques les outils de mesure dont elles rêvent pour suivre au plus près le comportement du consommateur, mesurer l'impact des actions de communication. Nous proposons aussi aux marques d'utiliser les séquences d'authentification pour prendre un contact direct avec leurs clients, et elles y trouvent évidemment beaucoup d’intérêt !

Mais, les contrefacteurs ont tout de même du souci à se faire, car la multiplication des applications de traçabilité et marketing va contribuer indirectement à généraliser les codes d’authentification des produits. Dès lors, les douaniers et les consommateurs pourront eux-mêmes dépister à coup sûr les contrefaçons, et pas uniquement celles des marques les plus connues !

En conclusion, je pense que notre code va profondément modifier le marché de l’impression dite « de sécurité ». Un marché très lucratif que se partagent quelques grands acteurs. Ces gens vivent depuis longtemps en vendant des dispositifs qui n'ont de sécurité que le nom. La preuve ? Sur un billet de banque, si un seul dispositif marchait, on n'aurait pas besoin d'en mettre autant d'autres. Un seul suffirait, c'est l'évidence même. Bref, le métier d'imprimeur de sécurité va certainement évoluer !

CR : Quelle est votre stratégie commerciale ? Allez-vous aussi viser les marchés étatiques des documents officiels ou des billets de banque ?

Franck Guigan : Avec PopimsCode, c’est simple puisqu’il n’existe simplement aucune technologie capable de reproduire un code. Les codes sont produits aléatoirement, lus sur la chaîne d'impression et entrés dans la base de données de référence. Les combinaisons possibles sont trop nombreuses pour que le contrefacteur ait la moindre chance d’imprimer un code valide.

Nous ne souhaitons pas vendre nos dispositifs « at a premium price » comme nous y incitent certains grands du secteur, mais au contraire autoriser tous les imprimeurs à les produire en très grande série, pratiquement sans surcoût par rapport à celui de l'impression d'emballages ou documents existants, puisque l'impression du code n'est qu'une séquence de l'impression du packaging ou du document...

Vis-à-vis des États, PopimsCode est la solution idéale pour lutter efficacement et à très bon compte contre les fraudes en tout genre qui minent les finances publiques.

Comment mettre les faux-monnayeurs au chômage ?

Un petit jeu amusant : que se passerait-il si l’on protégeait les billets de banque avec un PopimsCode ?

  • Une banque n'a pas le droit de mettre des faux billets dans ses distributeurs, doit utiliser une machine à compter les billets. Celle-ci peut lire le PopimsCode et vérifier automatiquement auprès de la banque centrale qu'ils sont vrais et n'ont pas été volés. Un billet passe à la banque une fois toutes les 8 transactions... et les faux billets devraient donc disparaître très vite.
  • Idem pour un supermarché qui n’a pas le droit de remettre des faux billets à une banque, et pourra aussi vérifier ses billets avant l'envoi. On passe donc à une vérification toutes les 4 à 6 transactions. De même, les particuliers qui voudront pourront aussi vérifier que leurs billets sont vrais... L'interdiction du faux monnayage, acquise avec des lois qui existent dans tous les pays du monde, suffit donc pour que la traçabilité des billets soit effective !
  • En conséquence, les fourgons blindés n'ont plus besoin d'être protégés. Voler des billets de banque n’a plus d’intérêt puisque leur traçabilité est assurée à 100 %. Une minute après le vol, ils perdront toute valeur parce qu'ils seront notés "volés" dans la base de données. Les malfaiteurs ne pourront plus les écouler…

 

Le travail au noir, comme les valises africaines, les commissions occultes, les caisses noires des entreprises et des partis politiques, toutes les économies parallèles et les trafics en tous genres vont en prendre un gros coup… La France pourrait rembourser rapidement ses dettes et nous payer moins d'impôts si tous les fraudeurs étaient démasqués ! Que de conséquences aussi sur la criminalité organisée ou les trafics. C'est motivant que de pouvoir contribuer à des actions pareilles.Pour amorcer la pompe et prouver la pertinence de notre approche, nous sommes prêts à faire des concessions tarifaires, comme par exemple de ne pas prendre de redevances dans quelques cas particuliers, comme :

  • Protéger les passeports et les cartes d'identité, dans tous les pays, parce que les faux papiers d'identité servent à la traite humaine ;
  • Empêcher la contrefaçon sur les médicaments dangereux, parce que nous ne pouvons pas admettre que la falsification des produits de santé tue des gens à travers le monde ;
  • Supprimer la duplication de documents et les fausses factures en général, car cela représente des dizaines de milliards de fraudes au détriment des États.

Je pense à beaucoup d’autres applications très amusantes, comme des cartes de téléphone qui permettent de téléphoner avec le smartphone d'un tiers, en affichant son propre numéro et en débitant son propre compte (pratique pour les enfants !), les jeux de hasard, la billetterie des spectacles et des transports…

Nous visons aussi comme application principale l'identification des personnes pour le contrôle d’accès : aux systèmes de paiement, aux comptes bancaires, la signature de contrats sur Internet, la protection des Intranets… Autant d’applications qui intéressent les plus grandes multinationales de l’Internet. Dans chaque cas, nous allons bousculer très fortement la structure de l'offre, qui aura bien du mal à s'adapter pour survivre.

Notre politique commerciale est simple : toutes les marques ou les États qui le souhaiteront obtiendront de nous la désignation de leurs imprimeurs et de leurs partenaires informatiques comme franchisés PopimsCode, à des tarifs de quelques centimes pour les plus petites séries, et de quelques millièmes d'euros pour les plus grandes.

Propos recueillis par Philippe Collier


Télécharger la présentation PopimsCode en anglais

www.popimscode.com