Technologies

Éduquer le marché

Écrit par Philippe COLLIER le . Rubrique: Technologies

Face à la prolifération des technologies anti-contrefaçon, ArjoWiggins Security propose aux industriels un service d’audit et de conseil afin de les aider à évaluer l’impact de la contrefaçon et les bénéfices financiers d’une protection, en vue de leur faciliter la prise de décision. À tester.

CR23-ArjoWiggins_fmtLeader mondial de la fabrication des billets de banque et des documents officiels (passeports, timbres, visas, mais aussi chèques et tickets divers), ArjoWiggins Security SAS, filiale du groupe ArjoWiggins, avec ses deux cents ans d’expérience et ses 141 pays clients, estime détenir environ 40 % du marché mondial des technologies antifraude et anticontrefaçon.

C’est un marché très discret et sur lequel ne circule aucun chiffre. Les entreprises clientes gardent le secret sur leurs investissements en la matière ; les fournisseurs ne communiquent pas sur leurs chiffres d’affaires…

Pour Herlé Carn, le directeur marketing d’ArjoWiggins Security, le marché de la lutte anti-contrefaçon est récent. « Nos premiers clients dans ce domaine remontent à une dizaine d’années, avec des entreprises leaders, réputées dans le domaine du software notamment, mais il est en forte accélération depuis quatre à cinq ans. Actuellement, le marché double tous les ans. »

Ce qui confirme que l’on est encore dans un marché émergent, en phase de décollage. Les secteurs les plus dynamiques sont « le prêt-à-porter, la chaussure, les vins et les spiritueux : ce sont de loin les trois plus importants en nombre de clients. Viennent ensuite, depuis quatre ans, le secteur des pièces automobiles et celui de l’équipement électrique ; enfin, la pharmacie se montre très active depuis peu ».

Mais, précise Herlé Carn, « il n’y a pas de lien entre le volume des articles concernés et notre chiffre d’affaires. Chaque secteur consacre à la protection de ses produits des sommes très différentes. C’est une question de stratégie et d’évaluation des risques. Par exemple, pour des volumes similaires, de plusieurs centaines de millions de produits, dans des secteurs différents, le chiffre d'affaires peut s’exprimer en milliers d’euros comme en millions d’euros ».

> « Trop de choix tue le choix »

Parmi les freins au développement du marché figure le nombre des fournisseurs, souvent des petites entreprises ou des start-up qui proposent une multitude de technologies difficiles à évaluer. « Les entreprises sont très sollicitées, et le choix tue le choix, estime Herlé Carn. Il est certain que les entreprises manquent d’expertise pour évaluer la diversité des solutions proposées. Cela se traduit par un certain attentisme, et il n’est pas rare qu’il s’écoule plusieurs années de négociations avant d’aboutir à la signature d’un nouveau contrat. »

Une autre difficulté est d’identifier le bon interlocuteur dans l’entreprise. Les responsables anti-contrefaçon sont encore peu nombreux ; par conséquent, ces questions sont traitées parfois par les directions générales, par le marketing ou encore par la production. Le problème est aussi que la plupart des entreprises ignorent ce qu’elles perdent du fait de la contrefaçon ou des marchés parallèles.

> Traiter la problèmatique de A à Z

C’est justement pour répondre à ce problème d’éducation du marché que ArjoWiggins Security a lancé, au début de l’année 2007, une prestation d’assistance qui fait désormais partie intégrante de son offre d’ingénierie et d’intégration. Cette prestation commence par un audit des réseaux de distribution et une évaluation du préjudice de la contrefaçon ou des détournements de marchandises.

« Nous utilisons pour cela les services d’une société partenaire de certification suisse, SGS, qui est implantée dans le monde entier. Ensuite, nous faisons une analyse d’impact des différentes solutions de marquage susceptibles de protéger les produits. Une solution efficace repose toujours sur le cumul de plusieurs niveaux de protection. Enfin, nous chiffrons les coûts d’intégration au process de fabrication ainsi que ceux des procédures de contrôle, afin que l’industriel dispose d’une solution clés en main et d’une évaluation du retour sur investissement. Je suis convaincu que cette démarche commerciale innovante, effectuée sans engagement et sans risque pour l’industriel, permettra d’accélérer le processus de décision. Car les entreprises sont de plus en plus conscientes qu’il est très dangereux d’ignorer la contrefaçon : les risques financiers sont considérables en termes d’image, de préjudice, mais aussi de responsabilité en cas d’accident ou de dommages sanitaires. » <

Philippe Collier

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