Technologies

A chaque produit son «-passeport »

Écrit par Philippe COLLIER le . Rubrique: Technologies

En intégrant la gestion de la traçabilité et l’authentification des produits, cette solution anti-falsification rapporte plus quelle ne coûte. Authentique.

Bouteille2_fmtA l’occasion de Vinexpo, la société bordelaise S@bds présentera les ultimes progrès de son système anti-contrefaçon. Celui-ci, développé depuis bientôt 4 ans par Catherine Bouthiaux, après un lourd investissement, est déjà appliqué dans le secteur du vin à la protection de grands crus français et étrangers et commence à intéresser d’autres secteurs : luxe, pharmacie, cosmétiques... Si, jusqu’à présent, les mesures anti-contrefaçon représentaient pour les entreprises un surcoût, l’originalité de la solution S@bds est d’en avoir fait la pierre angulaire d’une solution de traçabilité efficace et rentable. Outre sa fonction de sécurité, celle-ci permet aussi de mieux gérer les approvisionnements et de redynamiser la relation client (CRM).

> des timbres infalsifiables

Le système est testé et expérimenté, depuis deux ans, au château Cheval Blanc pour sécuriser et authentifier les bouteilles de ce premier grand cru classé de Saint Emilion. La technique consiste à apposer sur le col de chaque flacon une sur-capsule transparente thermorétractable (skincap) sur laquelle est imprimé un timbre infalsifiable qui garantit l’inviolabilité de la bouteille* et de tracer les liquides conformément à la réglementation européenne. Toute tentative d’ouverture entraîne la destruction de la sur-capsule et du timbre. Ce dernier est produit par l’Imprimerie Nationale de Paris selon les techniques de micro-impression incluant diverses sécurités. Sur ce timbre, le “ passeport ” individuel de chaque bouteille, figurent deux numéros aléatoires, l’un est lisible, l’autre est codé sous la forme d’un damier carré de 3mm/3mm (Datamatrix), qui peut contenir jusqu’à 8 000 caractères incluant toutes les informations d’identification du produit et nécessaires à la gestion de la traçabilité. Les informations codées sont lisibles à l’aide d’une douchette standard, comme celle qui lit les codes à barre aux caisses des commerçants. Ces deux numéros sont pré-enregistrés dans une base de données qui, gérée par la société S@bds, fait office de tiers de confiance.

> une chaîne sécurisée du producteur au consommateur

Le système breveté est parfaitement compatible avec le règlement UE 178/2002, qui impose, depuis le 1er janvier 2005, à tous les producteurs de produits alimentaires de tracer leurs produits.

« Le timbre pré-codé est posé et enregistré sur la chaîne de production lorsque le produit est fini, liant ainsi les informations amont concernant sa fabrication, explique Catherine Bouthiaux, directrice de la société. Dès lors, les enregistrements à relais se font à toutes les étapes de conditionnement, (produit, carton, palette, camion…) sur une base de données sécurisée privée. Puis, les codes des produits partant sur le marché sont validés sur la banque de données publique interrogeable à plusieurs paliers (mais n’ayant aucun lien avec la banque de données privée). Les produits arrivés dans les points de distribution sont alors enregistrés.

Lors de la vente, la saisie en caisse du code de chaque produit vendu permettra, par un retour d’information à la production, de gérer, d’anticiper la fabrication des nouveaux produits et de maîtriser le circuit de distribution.

Enfin, chaque client pourra, à partir du numéro de «-passeport-», interroger la banque de données multisectorielle internationale conçue à cet effet (www.authentic-pass.com) pour vérifier l’authenticité du produit et avoir accès à un portail d’informations consommateurs mis à la disposition par l’industriel. »

Le système permet donc de rétablir le lien avec le client final et de récupérer en temps réel, via les données collectées aux caisses, les caractéristiques des ventes. Les producteurs peuvent ainsi réagir plus rapidement aux demandes de réassort et mieux anticiper leurs productions.
S@bds met actuellement en place un réseau commercial international (Argentine/Chili, Brésil, États-Unis, Canada, Suède, Norvège, Espagne, Italie, Suisse, Inde, Russie…). La société coopère aussi avec la mission de Pierre Delval (voir Contrefaçon Riposte N°1), président du groupe de travail AFNOR GE LAC, qui doit élaborer pour la fin de l’année, une proposition de norme européenne concernant les moyens techniques de prévention et de dissuasion de la contrefaçon.<

Philippe Collier

© Photo S@bds

Le coût du timbre et de la capsule est de l'ordre de 1,3 centime d'euro pour des volumes de l'ordre de 200 000 bouteilles.