Argentine : une plainte pénale contre Philip Morris pour fraude

Écrit par © Filactu le . Rubrique: International

Un article du magazine argentin Tribuna du 9 juillet, intitulé « Gravísima denuncia contra Philip Morris por fraude » met en cause la probité du système de traçabilité Codentify développé par Philip Morris International (PMI). L’article fait état d’une plainte pénale — sans citer le nom du plaignant — dont l’objet est de dénoncer le caractère frauduleux du système de traçabilité Codentify mis en place et utilisé par les quatre grands cigarettiers à travers le monde.

Selon l’article, Codentify « cache la production effective et effectue un contrôle limité des lignes d’emballage ».  Il permettrait en outre « de manipuler le montant des taxes sur les cigarettes perçu par les  États dans les pays où le système opère ».

Contactée par Contrefaçon Riposte, la société Inexto — qui depuis 2016 est détentrice des actifs logiciels et brevets de Codentify — dénonce « les allégations mensongères et diffamatoires parues dans Tribuna de Pariodistas ».

Inexto précise « que le seul contact opéré avec le gouvernement argentin, à la demande de ce dernier, s’est limité à une visioconférence dont le but unique était d’exposer les technologies de traçabilité qu’elles proposent dans différentes industries notamment luxe, des spiritueux, pharmaceutiques. Toutes les manœuvres médiatico-judiciaires parues dans la presse ont pour seul dessein d'altérer par des propos mensongers la réputation d'Inexto ».

Sans pouvoir nous prononcer sur les failles éventuelles du système de traçabilité du tabac mis en place en Argentine, il est significatif que ces allégations interviennent au moment où la Commission européenne est en train de rédiger le cahier des charges du système qui doit être mis en place dans l’UE.

Selon le Protocole de l’OMS, ce système doit être indépendant de l’industrie du tabac sans toutefois exclure toutes formes de relations opérationnelles. Si Inexto estime que sa nouvelle solution « indépendante » est bien placée pour répondre aux délais et aux contraintes de l’appel d’offres européen, ses concurrents considèrent au contraire que l’entreprise ne serait que « le faux nez de l’industrie du tabac ». <

Philippe Collier