Témoignages / Dispositif anti-contrefaçon : que souhaitent les professionnels ?

Écrit par CR16 le . Rubrique: Interviews

Élisabeth Dewagenaere / Déléguée générale adjointe de Domergie

« Nous sommes séduits et confortés par le caractère officiel et normalisé du marquage-»

CR16-DEWAGENAERE_fmt«Voici maintenant plus de deux ans que les industriels membres de Domergie ont constitué un groupe contrefaçon et qu’ils ont pris des mesures concrètes pour partager l’information et mieux lutter ensemble. Ils ont ainsi décidé de choisir un outil commun pour l’identification et l’authentification de leurs produits : Notacopy. Celui-ci est déjà soit mis en œuvre, soit en cours de mise en œuvre. Cet outil permet de tracer et de “géocaliser” les contrefaçons.

Lorsque le Gelac s’est constitué auprès de l’Afnor, le 3mars 2005, pour réfléchir à la mise en place d’un dispositif national de prévention et de dissuasion techniques, nous nous y sommes tout naturellement associés, et c’est avec conviction que nous avons collaboré à l’élaboration du document “Accord”.

L’objectif de normalisation et le caractère officiel du marquage nous ont, à la fois, séduits et confortés dans notre approche. Notre système devra simplement subir quelques petites adaptations pour mieux répondre au nouveau cahier des charges.

La création d’un groupement de moyens, pour gérer la base de données centralisée des immatriculations, permettra non seulement de mutualiser des coûts, mais aussi de résoudre le délicat problème de la confidentialité des informations. Le groupement de moyens agira finalement comme un tiers de confiance.

Une fois mis en place, ce système, outre la détection quasi instantanée des produits contrefaisants, permettra aux autorités juridiques d’agir directement, ce qui entraînera des sanctions plus rapides.-»

 

Louis-Régis Affre / Délégué général de la FEVS

« Notre priorité : que l’Europe négocie très vite avec les pays tiers contrefacteurs »

CR16-FEVS-LRA_fmt« Les vins et spiritueux français sont des produits très largement exportés dans le monde entier. Ils sont porteurs d’images fortes, créateurs de valeur, et suscitent par conséquent, pour les plus prestigieux d’entre eux, d’importantes convoitises de la part des trafiquants et des contrefacteurs. Du point de vue géographique, nos priorités en termes de lutte sont différentes de celles de beaucoup d’autres secteurs industriels. En effet, la problématique de la contrefaçon ne concerne pas la France et très peu l’Europe, sauf quelques cas de transit, mais principalement l’Asie et l’Amérique du Sud.

Notre intérêt pour l’initiative française de mise en place d’un dispositif de prévention et de dissuasion techniques anti-contrefaçon, et le soutien que nous lui apportons, est dû avant tout à sa démarche pragmatique. Elle vise très concrètement à offrir aux différents opérateurs du secteur de nouveaux outils harmonisés et normalisés d’authentification, de traçabilité anti-contrefaçon et de contrôle.

Pour nous, il sera prioritaire, une fois que seront validées les spécifications techniques dans un cadre européen, que s’engagent sans tarder des négociations entre l’Union européenne et les pays tiers qui “posent problème”. Ces accords techniques devront, en particulier, faciliter les contrôles par les autorités compétentes et l’application des sanctions éventuelles.

Bien entendu, in fine, la réussite de la mise en œuvre du groupement de moyens partagés dépendra du choix de nos adhérents – et de l’attractivité des solutions proposées par les différents prestataires de services. »