Technologies

QIOVA développe des marquages laser innovants aux fonctions identifiantes et authentifiantes

Écrit par © Filactu le . Rubrique: Technologies

nterview de Benjamin DUSSER, Président de QIOVA

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Cette start-up stéphanoise, créée en 2011 par Benjamin Dusser et Sébastien Landon, est issue du projet de création d’entreprise MorphoMark (Télécom Saint-Étienne, Université Jean Monnet Saint-Étienne) et spécialisée dans les domaines du marquage laser, de l’optique et de la vision industrielle. Elle propose des solutions innovantes de marquage laser pour la traçabilité et la lutte anti-contrefaçon.
Qiova a été, en 2011, lauréat du 13e Concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes du ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche en partenariat avec OSEO, dans la catégorie « Émergence ».

Contrefaçon Riposte : En quoi l’évolution des lasers permet-elle d’envisager de nouvelles solutions de marquage anti-contrefaçon ?

Benjamin Dusser : Dans les secteurs de la traçabilité et du marquage, l’évolution technologique est déterminante car elle permet de maintenir une avance sur les contrefacteurs. À l’origine, les premières applications qui utilisaient le laser effectuaient uniquement un marquage visuellement contrasté. On parlait alors plus généralement de gravure — car celle-ci implique une ablation de matière — plutôt que d’un marquage superficiel. Aujourd’hui, les nouvelles sources laser (laser à fibre, laser à impulsions ultra-brèves …), jusqu’à présent réservées à la recherche, font l’objet de transferts vers l’industrie.
Bien entendu, plus la source est coûteuse et sophistiquée plus elle permet de réaliser une palette importante d’applications. En schématisant à l’extrême, nous pouvons distinguer deux catégories de système de marquage lasers :

  • Les sources à impulsion ultra-brèves (de type femto-seconde : 10 puissance 15 impulsions par seconde), les plus performantes sont encore coûteuses et délicates à manipuler (coût compris entre 250 k€ et 750 k€) ;
  • Les sources impulsionnelles classique qui sont plus abordables et éprouvées pour des applications industrielles mais qui ont un éventail d’applications plus limité en particulier pour le marquage.

La spécificité du savoir-faire de Qiova est justement de concevoir des Modules Optique/Vision externes qui permettent d’augmenter les possibilités des sources laser industrielles classiques existantes. C’est notre maîtrise des interactions lumière/matière qui donnent accès à ces nouvelles fonctionnalités utilisables pour la lutte anti-contrefaçon.

CR : Sur quel type de marquages innovants travaillez-vous ?

Benjamin Dusser : La notion de marquage en général, implique la réalisation d’un changement d’état en surface ou dans la masse d’un objet couplé à une relecture (qui peut être humaine ou matérielle). La particularité des marquages réalisés par laser est qu’ils sont très « matériaux dépendant ». Ils autorisent des réalisations contrastées, colorées ou invisibles suivant le référentiel de relecture choisi.

Nos modules Optique/ Vision sont conçus pour que nos clients exploitent au maximum ces particularités. Ils s’intègrent en sortie de nombreuses sources laser en augmentant considérablement les performances des systèmes qu’ils équipent, notamment pour réaliser des tags intégrant à la fois des fonctions :

  • identifiantes (logos, numéros de séries, datamatrix, QR-code…) et ;
  • authentifiantes (spécificités uniques, aléatoires, non reproductibles…).

Parmi ces fonctions, citons notamment :

  • Le marquage direct de nano ou micro-structurations de surface possédant des propriétés optiques diffractives uniques (image de gauche)
  • Le marquage « flash » de formes uniques, complexes et modulables en temps réel (image de droite).
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À gauche : marquage laser utilisant des structurations de surface sur une plaque d’inox de 20 x 20 cm (démonstrateur présenté au salon EPMT 2012 sur le stand de notre distributeur suisse GMP SA) ;
À droite : marquage à l’aide d’un seul tir « flash » sur papier métallisé (type billet de banque) en forme d’étoile (200 µm) ou de QR-code (400 µm)

CR : Pouvez-vous préciser le type de produits que vous allez proposer et dans quels délais ?

Benjamin Dusser :Qiova a pour ambition de réaliser, d’ici un an à deux ans, une gamme de Modules Optique/Vision, adaptée à différents matériaux qui permettront de réaliser des machines de marquage hautes performances pour un prix abordable. À titre d’exemple, une machine complète comprenant une source laser plus notre module, devrait avoir un prix de l’ordre de 75 000 €.

CR : Comment financez-vous ces développements ?

Benjamin Dusser : Nous avons trois sources de financement principales : la plus importante sur fonds propres, une autre grâce à des projets innovants et des partenariats institutionnels et une dernière constituée de subventions et de prix de divers concours de création d’entreprises.
Nous venons de réaliser, fin juin, une première levée de fonds de 120 000 € et nous envisageons d’en faire une autre, plus importante, en 2014, pour financer le lancement commercial de nos modules.
Parallèlement à la vente de ces équipements, nous avons aussi une activité de conseils, d’ingénierie, d’étude de faisabilité et de production de petites et moyennes séries de marquage qui répond à des demandes spécifiques d’industriels.

Pouvez-vous dire un mot sur votre environnement de travail et vos partenaires ?

Benjamin Dusser : Saint-Etienne, est une ville de design et d’innovation. Nous sommes accompagnés dans notre démarche de start-up par Saint-Etienne Métropole. Nous avons décidé de nous y implanter principalement car il s’y développe, depuis maintenant plus de 20 ans, une expertise et une activité importante de procédés laser allant du fondamental (laboratoire Hubert Curien, projets d'avenir Manutech SISE, USD…), aux applications industrielles (HEF R&D, Impulsion, Xenia…).

Nous sommes membres de pôles et de cluster très actifs dans leurs domaines : optique/photonique (Pôle Optique Rhône Alpes) ; numérique (Numélink) ; mécanique (MécaLoire) et très prochainement laser (Club Laser et Procédés).

De plus, soucieux de conserver notre avance en termes de recherche et d’innovation, nous avons signé un partenariat avec l’université Jean-Monnet de Saint-Etienne pour développer et mettre en place une plate-forme laser au sein de l’école d’ingénieur Télécoms Saint-Étienne. Celle-ci est déjà dotée de plusieurs systèmes laser permettant de réaliser des études de faisabilité complètes sur de nombreux matériaux (inox, or, argent, polymères, cuir, etc.). Nous intervenons aussi sur plusieurs projets d’innovation de l’Institut Mines-Télécom.

Par ailleurs, nous entretenons des relations étroites avec des fabricants français de sources laser et de composants optiques, ainsi qu’un distributeur suisse (GMP SA).

Propos recueillis par Philippe Collier
QR-Code-Qiovawww.qiova.fr