Technologies

Codage tout-terrain ultrapuissant

Écrit par Philippe COLLIER le . Rubrique: Technologies

Dotem est un nouveau procédé de marquage haute densité qui permet notamment de tracer et d’authentifier les produits. Innovant.

Le nouveau langage numérique Dotem, de la société française Brevets & Patents, entend révolutionner la logique des systèmes de codage permettant de tracer et d’authentifier les objets tout comme les biens numériques. Créée en 2004 par Jacques Rivaillier, l’inventeur du procédé, et deux cadres d’entreprise, Bernard Le Bris et Gilles Barré, la société exploite un portefeuille de brevets lié au marché de la traçabilité, dans l’objectif de concéder des licences. Ancien chercheur du CNRS, Jacques Rivaillier a longtemps travaillé sur les scanners et l’optimisation des techniques de numérisation. Ce qui explique, selon Gilles Barré, que «Dotem est actuellement le seul système de codage offrant la plus forte densité d’information sur la plus petite surface. Il est 400 fois plus puissant qu’un code-barres classique (monodimensionnel) et surpasse largement les codes bidimensionnels tels que PDF417 et Datamatrix ».

Dans sa version de base, chaque caractère Dotem, codé sur deux octets, permet de générer jusqu’à 1024 symboles différents, y compris les index et les contrôles de cohérence associés. Une capacité qu’il est facile d’accroître sans limite : un octet de plus porte la combinatoire à 16 384 caractères différents ; quatre octets, à 262-144, etc. On peut ainsi facilement coder sur une simple étiquette toutes sortes d’informations utiles (graphiques, numériques ou textuelles) en plusieurs langues, et même en idéogrammes chinois!

> Des inscriptions évolutives

«Cette capacité informative sans égale confère à Dotem des qualités propres qui autorisent une large palette d’utilisations, inenvisageables jusqu’ici, explique Gilles Barré. Tout d’abord, c’est un système multifonctionnel. Il peut servir conjointement à l’authentification d’un produit, à gérer sa traçabilité, les stocks, les ventes, une distribution sélective… Il peut être utilisé de manière ouverte et/ou fermée. Grâce à ses qualités cryptographiques, chaque entreprise peut partager certaines données et garder la confidentialité sur d’autres. C’est à la fois un langage graphique imprimable sur tous supports (en clair ou en crypté) et un code numérique, le passage de l’un à l’autre se faisant par un simple lecteur optique. De plus, Dotem est le seul code qui permette, sans contrainte, l’addition de nouvelles informations à un enregistrement initial. Chaque intervenant d’une chaîne logistique, par exemple, peut ainsi ajouter ses propres données à chaque étape. Enfin, j’insiste sur le fait que notre procédé est économique. Il est aussi facile à mettre en œuvre et à exploiter qu’un simple code-barres.»

> Un langage autocorrecteur

Autre atout, Dotem est un langage autocorrecteur particulièrement robuste, chaque utilisateur pouvant adapter le niveau de redondance qui lui convient. Chaque caractère intègre ses propres éléments de contrôle et d’autocorrection.

L’ensemble de ces qualités fait que Dotem s’applique à de nombreuses applications de sécurité : identification, authentification, traçabilité de produits, de billetterie, de personnes, d’animaux, de documents officiels… mais aussi à la sécurisation des biens numériques.

Il est possible de «tatouer» les pixels d’une image ou d’un film de caractères Dotem invisibles, ou encore d’«enrichir» un morceau de musique de fréquences codées inaudibles permettant d’authentifier la source. Ce type de marquage permet notamment à un site de vente en ligne de personnaliser chaque fichier (musique ou film) commercialisé au moyen d’informations qui conduiront ultérieurement, si besoin, à identifier les auteurs d’un éventuel piratage.<

Philippe Collier

 

RivaillierCR9_fmt

Jacques Rivaillier, inventeur
du langage Dotem.

 

Un procédé d’authentification visuelle

Le langage Dotem est aussi un procédé d’authentification visuelle qui permet la certification d’un original. Son principe exploite les aléas des supports et des moyens de reproduction graphiques.

Ces aléas, non reproductibles, constituent de fait un moyen d’authentification particulièrement fiable. Dotem n’utilise qu’une partie de l’image digitalisée, celle qui concentre le maximum d’informations visuelles.

En partant de la description des bords des dots et de la répartition des pixels, le procédé génère une «empreinte numérique» qui caractérise de façon singulière la marque ou le graphisme à authentifier. La description peut être plus ou moins détaillée suivant la précision recherchée.

Pour plus de commodité dans l’exploitation, cette empreinte numérique donne lieu à une représentation graphique unique, ainsi une simple lecture visuelle directe permet de distinguer le vrai d’un faux.

Ce procédé (utilisable pour toute image graphique) s’applique particulièrement bien aux caractères Dotem, dont il complète les propriétés en garantissant l’authentification de chaque caractère ou groupe de caractères.